Fév 262018
 

De retour de Cannes, où j’ai passé quatre jours intenses au Festival International des Jeux. Les objectifs de cette escapade cannoise étaient multiples : présenter Worldwide Football pendant le off, établir des contacts professionnels mais aussi prendre du plaisir ludique, que ce soit avec des nouveautés ou des grands classiques.

Allez, on passe sans transition au debrief day by day.

Affiche FIJ Cannes 2018

Affiche FIJ Cannes 2018

Jeudi 22 février

Rallier Niort à Cannes n’est pas la chose la plus simple quand on veut utiliser les transports en commun. Il faut d’abord rejoindre l’aéroport de Nantes en voiture, puis prendre l’avion jusqu’à Nice où l’on rejoint à pied la gare Saint-Augustin. Un TER nous permet alors de rejoindre la gare de Cannes, à deux pas du Palais des festivals. Enfin, en principe. Car ce jour-là, après 25mn de marche pour parvenir à la gare, j’apprends que des individus ont cru bon de stationner sur les voies. Plus de train en circulation, il va falloir trouver un plan B. Fort heureusement, je trouve des compagnons d’infortune en rencontrant les gérants du bar à jeux nantais La Fabrik à Jeux. Ni une, ni deux, nous décidons de retourner à l’aéroport et de partager le taxi pour enfin rejoindre Cannes. Un immense merci à eux, à qui je dois encore de l’argent à l’heure où j’écris ces lignes 🙂

Après avoir déposé mes bagages à l’hôtel, je pénètre enfin dans le Palais des festivals dont les portes sont ouvertes pour une journée pro. Je déambule dans les allées et prend conscience du gigantisme de la manifestation. Des jeux à perte de vue, des éditeurs qui ont mis les moyens (superbe mise en scène de When I Dream), une multitude d’autres maisons, plus petites mais pleines d’enthousiasme… C’est franchement impressionnant. Passé le stade de la contemplation, je rejoins mes amis d’Oka Luda dont je suis attentivement les aventures depuis le début. C’est parti pour une partie de l’excellent Samsara qui me confirme tout le bien que j’avais pensé de ce jeu lors de mon premier essai à Rochefort.

Vient ensuite le temps du pot d’accueil (découverte des délicieuses Socca Chips !) suivi de la cérémonie des As d’or. Pour la première fois, celle-ci avait lieu au Grand Auditorium, la prestigieuse salle qui accueille également la remise des Palmes d’or ! Plus de 2000 personnes assistent ainsi au sacre d’Azul (As d’or jeu de l’année), Nom d’un renard (As d’or enfant) et Terraforming Mars (As d’or expert).

Après un passage éclair dans ma chambre d’hôtel je rejoins le off pour animer des parties de Worldwide Football. Une première soirée relativement calme, même s’il ne fut pas évident d’animer des parties jusqu’à 2h du matin compte tenu de la densité de la journée.

Vendredi 23 février

La journée de vendredi commence par une rencontre avec Maxbabad, un auteur de jeux que j’ai connu grâce à Tric Trac et dont les projets m’interpellent au plus haut point. Car lui aussi s’intéresse aux thématiques sportives ! Nous profitons de l’espace pro pour tester tranquillement Basket Boardside, un proto qui, comme son nom l’indique, parle de basket. Une excellente expérience et si je trouve la partie « gestion » un peu longue, la partie « match » m’a franchement passionné. Max a su mettre au point une mécanique où la bonne gestion des remplacements et des tactiques est primordiale pour gagner, si bien que l’on se sent très vite dans la peau d’un coach confronté à des choix parfois très délicats. Un projet que je vais suivre de très près.

Vient ensuite le temps de deux conférences, l’une sur le journalisme et les jeux, l’autre sur la fabrication des jeux en France . Je ne vais pas vous mentir, ces conférences furent aussi un moyen pour moi de m’éloigner de la foule et de l’agitation parfois oppressante de la zone « grand public ». Il n’en reste pas moins qu’elles m’ont permis de mieux appréhender certains aspects du monde ludique professionnel, ce qui n’est vraiment pas un luxe dans mon cas.

Il me reste ensuite un peu de temps pour aller à la rencontre de Michel NGuyen, l’auteur d’un autre jeu de foot sorti dernièrement, j’ai nommé Foot Club. Je prends d’ailleurs le temps de tester le jeu et d’infliger à Michel un cinglant 2/0, bien aidé par des dés particulièrement coopérants. Bien évidemment, c’est aussi l’occasion de pointer les similitudes et différences de nos jeux respectifs. Foot Club a pour lui une certaine profondeur et une courbe d’apprentissage que j’imagine gratifiante si tant est que l’on s’investisse dans le jeu, là où Worldwide Football met clairement sur l’action et le fun immédiat. Bref, un même thème pour deux approches différentes : plus que concurrents, je crois avant tout que nos deux jeux sont complémentaires et ne toucheront pas nécessairement le même public.

Le off, ce soir-là, jouit d’une affluence proprement ahurissante, si bien que je dois faire tourner deux protos en même temps pour satisfaire la demande. Un exercice épuisant, d’autant plus que je fais tout pour garder la même énergie et maintenir une bonne ambiance à la table. Je fais au passage jouer Morgane, rencontrée à Lacanau, qui ne tarit pas d’éloges sur Worldwide en fin de partie alors même que le thème la laissait indifférente.  Le genre de compliments qui vous remotive pour un bon moment !

Je pense lever les voiles vers 1h30 du matin lorsque je décide sur un coup de tête de flâner au milieu des protos… jusqu’à tomber sur un jeu de tennis. Bien sûr, je m’assois instantanément à la table pour tester cette création. Si la mécanique me semble raccord avec le thème, elle requiert un peu trop de manipulation à mon goût et nuit à la fluidité qu’on peut attendre d’un jeu sur le tennis.  Surtout, son identité me semble encore mal définie : il se veut simulationniste, mais certaines cartes permettent carrément de changer de surface en cours de partie ou de manger une banane entre deux coups. WTF ?! Beaucoup de bonnes intentions mais un positionnement très incertain qui gâche tout ce beau potentiel.

Samedi 24 février

Une journée ultra chargée ! Un petit coucou pour commencer à la Team Huby Woky, que j’avais rencontrée au FLIP 2016, mon tout premier festival ludique. Distribué par Atalia, leur jeu de cartes à collectionner, sur lequel mon jeune neveu avait totalement craqué, a fait pas mal de chemin depuis. Tous mes vœux de réussite !

J’enchaîne ensuite sur une partie de Krom (en ce moment sur Kiss Kiss Bank Bank), dont je peux dire avec fierté que je suis le premier pledgeur. Nous avons là un jeu familial, aux illustrations pleines d’humour et qui combine avec bonheur gestion, hasard et baston. 26 € le pledge à retirer chez un partenaire, c’est un excellent deal, surtout avec la masse de stretch goals débloqués !

De manière un peu fortuite, je rencontre ensuite Michel Lalet dont j’avais précommandé l’ouvrage « Auteur de jeux de société, un art à part entière ». Je sollicite évidemment son ouvrage dédicacé et Michel se prête bien volontiers à l’exercice, mais aussi à la discussion sur le métier d’auteur de jeu. L’homme m’a paru d’une grande gentillesse et les premières pages de son livre me laissent penser que nous tenons là un ouvrage brillant, indispensable pour qui s’intéresse un tant soit peu à la création ludique.

Toujours un peu par hasard, je me joins à une famille en pleine partie de Panic Island. Le jeu revisite le memory en y ajoutant des contraintes supplémentaires : nécessité de trouver les paires dans le bon ordre, pression du temps, cartes-pièges. Coté rejouabilité, le jeu propose un système de « succès » avec des cartes supplémentaires à débloquer comme dans les jeux video, c’est plutôt bien vu. Simple à expliquer, le jeu est prenant, frénétique et plutôt joli : c’est un achat instantané.

Autre essai : The Lost Expedition, sur le stand de Blackrock. Il s’agit d’un coopératif ayant pour thème une expédition dans la jungle où rien n’est épargné aux aventuriers. Ces derniers devront s’organiser pour surmonter au mieux les embûches qu’ils ne manqueront pas de rencontrer, de la piqûre de serpent à la traversée de rivière, tout en préservant leur réserve de nourriture. L’expérience fut sympathique et la direction artistique du jeu, qui n’est pas sans rappeler Blake & Mortimer, est vraiment plaisante.

Pour fuir la foule venue en masse l’après-midi, je m’inscris ensuite à un tournoi Star Realms. Seulement 3 rondes desquelles je sortirai avec 2 victoires. Pas mal, je repars avec 2 cartes goodies.

Je termine enfin par une passage sur le Protolab où j’ai un échange très sympa avec Valérie Clément. Celle-ci me présente son proto « presque multi-primé » Escargot Sprint. Un stop ou encore pour les enfants qui fonctionne incroyablement bien avec les familles, j’ai pu en témoigner lors du dernier festival Ludix où Valérie fut nominé pour le Ludix d’Or !

Après un bon repas, place au off où Worldwide Football tourne encore à plein régime, sur deux tables en simultané. Les matchs ne se termineront qu’aux alentours de 2h !

Dimanche 25 février

Je découvre dans la matinée Opération Archeo. Conçu par Mathieu Baiget, archéologue de formation, ce jeu est un coopératif dans lequel les joueurs vont procéder à la fouille d’un terrain et tenter d’identifier au plus vite la nature de leurs découvertes. En tout cas, avant que les bulldozers ne débarquent ! Pour ma part, ce fut un excellent moment. Sur une thématique originale (et que je suppose parfaitement respectée), le jeu propose un matériel soigné et génère de vrais débats entre les joueurs pour déterminer la prochaine case à creuser. Un bel outil de médiation culturelle mais avant tout un très bon jeu !

Juste le temps de me greffer à une partie de Splendor (avec l’extension Orient) et il est déjà l’heure de repartir. Le trajet retour sera heureusement moins mouvementé que celui de l’aller, malgré une erreur de quai à la gare que l’on imputera à une fatigue bien compréhensible.

Cette première expérience à Cannes, bien qu’épuisante, restera inoubliable !

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